…Nous sommes dimanche 19 août, il est 14h15 et je suis au terminus de Charlesbourg. Je suis
descendu du 72 en provenance de Loretteville et j’attends depuis plusieurs minutes un Métrobus 801 qui descend vers Québec. Non pas qu’il soit très en retard. Mais sa fréquence de passage, un
dimanche après-midi, (alors qu’il fait beau et qu’Expo-Québec bat son plein) laisse grandement à désirer. L’autobus en question finit par se pointer le museau, bondé de gens, donc mal préparé
pour accueillir la foule qui s’agglutine à la porte du véhicule. Je porte mon sac à dos à la main et je me glisse tant bien que mal dans le bus. Je dois descendre quelques arrêts plus loin, soit
à la hauteur de la 50è rue. Le chauffeur au fil des arrêts laisse entrer encore plus de gens, rendant la condition à l’intérieur du bus totalement invivable. Il s’égosille à nous crier
« Avancez en arrière!!! Avancez en arrière!!! » Sans se rendre compte que son bus est plein à craquer. J’avais envie de lui crier : « Regarde par toi-même imbécile et tu vas
voir qu’il n’y a plus de place fait qu’arrête de prendre du monde, fait venir un autre bus à la rescousse et une fois ce dernier derrière toi, termine le trajet en ne faisant descendre que les
passagers qui sont déjà à bord. » Inutile de vous dire que debout au milieu de l’allée, mon sac à dos à la main, j’ai dû malgré-moi, bousculer pas mal de gens pour réussir à gagner la porte
arrière et parvenir à descendre, rendu à ma destination.
Oh! Je sais, vous allez me répondre qu’effectuer la supervision et le
« dispatching » d’autobus est plus compliqué que ce qu’on pourrait le croire. Mais j’ai donc l’impression que si c’était « du monde ordinaire » comme vos usagers qui
supervisaient votre service et soumettaient des solutions simples, juste avec du gros bon sens, ça marcherait bien mieux que vos décisions purement technocrates et
administratives.
Comment se fait-il que dans n’importe quelle ville nord-américaine ou européenne qui possède
un transport en commun qui se respecte, la fréquence et la quantité d’autobus sont largement suffisantes pour subvenir à l’achalandage? Comment se fait-il qu’à Montréal par exemple, à la
sortie d’une bouche de métro, dans les 5 minutes qui suivent, notre autobus se montre le bout du nez? Et ne venez pas me dire que c’est une question de population ou de flotte d’autobus plus
volumineuse. Québec est une des villes (bien que moins populeuse) où le transport en commun est le plus utilisé. Vous, vous êtes même vanté que c’est le RTC qui avait eu la plus forte hausse
d’achalandage au Canada au cours des derniers mois. Il serait grand temps que vous nous offriez un service à la hauteur de ces statistiques et de nos attentes.
Un dimanche après-midi alors qu’il fait beau et qu’une activité majeure se déroule dans la
ville, à 66.35$ par mois, un Métrobus aux 15 minutes, plein à craquer avec un chauffeur peu coopératif, je trouve que c’est carrément du vol! En plus vous avez le culot d’appeler ça un
Métrobus??? À 15 minutes d’intervalle??? Dans ma tête à moi c’est un circuit tout ce qu’il y a de plus ordinaire. Dans une société de transport qui respecte ses usagers, les Métrobus devraient
être depuis longtemps aux 5 minutes dans les deux directions en tout temps avec des autobus articulés (on peut toujours rêver) et un autobus en double prêt à intervenir n’importe où sur le
circuit si la demande devient trop forte! That’s it, that’s all!
Mais ce que je me demande, c’est comment vos usagers pourraient continuer à vous croire et à
vous prendre au sérieux quand on regarde l’ensemble des décisions que vous prenez et que vous avez pris au cours des dernières années.
D’abord, la mise à la retraite prématurée de vos autobus GMC New-Look qui
auraient continués d’être salutaires afin d’améliorer la fréquence de votre service. Ces autobus, que vous avez fait venir, parfois à grands frais (en tant qu’usagers, nous
avons absorbé la majeure partie des coûts par des augmentations successives de vos tarifs) de plusieurs villes des États-Unis et du Mexique, ont été sacrifiés. Et à ce que je sache, depuis leur
disparition, le nombre de Novabus LFS achetés n’a pas encore rejoint le nombre des bus disparus. Parce qu’il faut le dire, des New-Look, il y en avait un char et une barge dans votre
flotte. Et où sont rendus les vieux Classic acquis entre 1987 et 1989 montés avec des bancs d’autobus interrurbains en rangées de deux?
Donc, si mon raisonnement est exact, nous avons assisté sous nos yeux à une diminution de la
flotte d’autobus contre une augmentation de l’achalandage? Est-ce que quelqu’un chez-vous pourrait me l’expliquer celle-là? Un ou deux de ces valeureux New-Look auraient très bien pu venir à
notre rescousse en ce beau dimanche après-midi du 19 août… Ah! Si seulement vous n’aviez pas ordonné leur destruction massive…
Oh! Je sais, vous allez me rétorquer que la durée de vie utile de ces autobus tirait à sa
fin. Or, c’est connu de tous, les GMC New-Look, sont des autobus pratiquement increvables, indestructibles et éternels. À condition qu’on les entretienne
comme il faut par exemple! Comment se fait-il alors qu’après seulement quelques années de service, ceux que vous avez acheté usagés des États-Unis et du Mexique étaient déjà bons pour la
casse? Votre laxisme au niveau de l’entretien de vos véhicules serait il en cause? Sinon, pourquoi les avoir acheté si vous saviez que leur durée de vie était réduite et qu’il faudrait s’en
départir à moyenne échéance? Mais là, vos excuses ne tiendraient pas l’eau puisque dans un bon nombre de villes d’Amérique du Nord, ces autobus sont encore en service et que, certains d’entre-eux
ont 30 ou 35 ans, roulent, roulent encore et rouleront encore longtemps.
Un autre événement m’a fait réfléchir en ce qui a trait aux décisions qui ont été prises au
RTC au cours des dernières années… Janvier 2006 : Je vois passer un rutilent Novabus tout neuf, articulé, faisant la navette sur un circuit Métrobus. Je suis tout content, je trépigne, je me
dis : « Enfin, nous auront des autobus adéquats pour répondre à la demande et remplacer les autobus négligemment sacrifiés. Enfin, c’en est terminé des autobus bondés et des
« S’cusez! S’susez! Pardon! » en se dirigeant vers la porte arrière». Or, j’apprends au bout de quelques jours que ce bus n’était qu’un démonstrateur (un teaser), et que j’ai crié
victoire trop vite. Le RTC annonce que ces bus ne seront en service qu’à partir de 2008, qu’il faut en outre construire un garage adapté à ces nouveaux joujous mais surtout, le RTC se dépêche
évidemment d’annoncer de nouvelles hausses de tarifs pour financer l’achat des nouveaux bus et la construction du nouveau centre d’entretien, le gouvernement n’absorbant qu’une partie des coûts.
C’est à se demander ma foi, si le bus articulé que j’ai aperçu en janvier 2006 ne servait uniquement qu’à faire patienter d’avantage les usagers et à justifier vos hausses successives de tarifs.
Parce que…
Parce que, les mois ont passé, on n’entend plus beaucoup parler des bus articulés, et à ce
que je sache la construction du fameux garage n’a pas encore débuté. Nous sommes rendus à la mi-août 2007 les gars et tous ces « goodies » nous ont été promis pour 2008 et nous payons
déjà 66.35$ par mois. Et j'apprends en consultant votre site que l'échéance pour la mise en service des nouveaux autobus promis à l'origine pour 2008 a été repoussée à 2009!!! Je pense que vous
êtes en train de nous rire au visage! Je pense aussi que le temps est venu de demander des comptes. Où et quand exactement le garage sera construit? Quand précisément entreront en service les
nouveaux bus articulés? Mais surtout quels seront les tarifs lorsque les bus seront finalement en service? Pourquoi, encore une fois, j’ai comme l’impression que vous êtes en train de nous passer
un sapin et croyez-moi vous n’êtes pas de très bons pépiniéristes! En réalité, je pense sincèrement que nous ne verrons jamais la couleur de ces bus articulés et qu'encore une fois, le passé
sera garant de l’avenir.
Parce que voyez-vous, j’ai encore tout frais en mémoire l’année 1992 et je pense que ce
qui s’y est passé va se répéter. À l’époque, vous nous aviez promis une cinquantaine d’autobus articulés pour parer à la demande grandissante suite à ce que l’on pourrait appeler votre première
« restructuration majeure du transport en commun à Québec ». Finalement, Nous n’en avons eu que 2 et nous avons été chanceux car il est vrai, Nova Bus à l’époque ne suffisait pas à la
demande, du moins selon votre version officielle! J’aurais aimé entendre Nova Bus se prononcer eux-même là-dessus… Donc, ces 2 articulés, en l’occurrence les 9225 et 9226, roulent encore par la
force de l’habitude, à coup d’ingéniosité de la part de vos mécanos. Mais à quel prix…
Pendant ce temps…
Pendant ce temps, vous perdez un temps fou à mettre sur pied une ligne Métrobus 802 afin de
remplacer le circuit 12 qui est établi depuis des siècles, qui fonctionne bien et que seule une augmentation de fréquence suffirait à relancer. À quoi bon faire un Métrobus de ce circuit si sa
fréquence n’est pas améliorée et si son trajet est à peine modifié? Et à quoi bon mettre sur pied une nouvelle ligne Métrobus lorsque vous n’êtes même pas capable de gérer adéquatement les 2
autres?
À chaque été vous procédez à des soit-disant expériences et vous faites joujou avec des
véhicules mus par l’électricité dans le vieux Québec alors que vous savez pertinemment que cette technologie n’est pas exploitable à grande échelle à des coûts intéressants. Et pour comble,
depuis environ un an, vous avez remplacé toutes les horloges dans vos autobus ainsi que les systèmes de communication. Tout cela soit-disant pour améliorer le service et la ponctualité de vos
circuits. Or, depuis ces changements, vos correspondances n’ont jamais été aussi mal synchronisées (au Terminus Les Saules depuis le début de l’été c’est l’enfer). Vous installez des dispositifs
afin de payer notre passage avec des cartes à puces, toujours à partir de 2008 et vous vous apprêtez, si j’ai bien lu, à munir vos véhicules de GPS. J’ai tellement l’impression que ces derniers
changements vont profiter bien d’avantage aux chauffeurs qu’aux usagers. Et combien tous ces « guedis » vont nous coûter en bout de ligne?
Au fond, je l’ignore et je préfère peut-être ne pas le savoir pour ne pas m’enflammer
d’avantage. Je veux dire, au lieu de nous péter de la broue avec des « patentes à gosses » et nous mettre de la poudre aux yeux, pourquoi ne pas revenir à la base et aux fondements
intrinsèques de votre mandat, c’est à dire :
1- Offrir un service de transport en commun adéquat ce qui implique notamment : Des
autobus bien entretenus, propres et en nombre suffisants par l'ajout des bus articulés tant attendus; (Ah! Si vous aviez gardé les fameux New-look de tout à l’heure…)
2- Des fréquences de passage qui font en sorte qu’on ne moisit pas de 15 à 20 minutes pour
obtenir un Métrobus, soit disant la colonne vertébrale de votre réseau de transport;
3- Des correspondances aussi parfaites que possible afin que les usagers qui oeuvrent dans le
domaine hospitalier entre autre ne soient pas obligés de prendre des taxis afin d’arriver à l’heure au travail;
Tout cela au meilleur coût possible pour les usagers.
Ajoutez à cela des chauffeurs souriants, respectueux et polis, qui n’oublient pas d’arrêts
comme c’est le cas régulièrement sur le parcours 60 à l’arrêt qui est situé sur le Boulevard des Galeries direction Beauport. Des chauffeurs qui ne rigolent pas en accélérant quand ils voient un
usager courir sous une pluie battante à côté de leur bus afin de rattraper une correspondance tarabiscotée. Des chauffeurs qui ne discutent pas au cellulaire lorsqu’ils sont aux commandes de leur
autobus et qu’ils ont des vies à protéger…
Mélangez le tout et nous auront enfin la base d’un service de transport en commun qui se
tient, qui a de la gueule et qui ferait l’envie de villes plus populeuses que Québec. Et lorsque vous nous aurez démontré que vous êtes capable de nous fournir les éléments de base énoncés plus
haut, alors là vous pourrez songer à vous amuser avec vos GPS, vos horloges satellite, vos cartes à puce et vous pourrez songer à renommer le parcours 12 pour le 80000002 si le cœur vous en
dit.
Vous savez en terminant, je ne me fais pas d’illusions. Je sais que ma lettre, bien qu’elle vous fasse
peut-être sourire, choquer, ou vous laisse littéralement de glace, je sais que cette lettre ne changera pas le cours du RTC. Et je ne me considère pas
comme plus fin que les autres. Comme question de fait, je ne suis pas assez fin pour gérer et administrer une société de transport comme le RTC, même pas assez fin pour conduire un de vos
autobus. Par contre, je suis un usager qui constate des lacunes, qui remarque des choses et surtout qui ose poser des questions. Aussi, je tiens à préciser que je n’ai pas d’automobile et que
cela relève d’un choix que j’ai fait. Celui d’utiliser le transport en commun, VOTRE transport en commun! Mais comme tout bon citoyen, j’aimerais aussi pouvoir exercer mon choix en sachant que ma
société de transport me donne un service de qualité à la hauteur de mes attentes au meilleur coût possible. Pour l’amour du ciel, il serait grand temps qu’il en soit ainsi!
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